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Thursday, June 28, 2018

A une fois...



« A une fois… »





« A une fois… ». Les dernières paroles que j’ai entendues de ma mère avant son départ solitaire vers l’au-delà furent cet au-revoir intemporel. Cela faisait quelques années qu’elle prenait ainsi congé lorsque nous repartions de chez elle, la laissant seule dans sa grande maison…
Pourquoi avait-elle pris l’habitude de clore nos visites par cette expression, que je n’ai jamais entendu prononcer par personne d’autre ?
Il est vrai que nos visites, et encore plus celles de mes enfants et petits-enfants, n’étaient que de trop courts et trop rares moments au regard de ses longues journées trop monotones où elle ne voyait personne, et où elle n’avait quasiment personne au téléphone. Même les contacts avec ses plus proches voisins étaient rares, comme dans un peu toutes les cités pavillonnaires modernes où chacun se replie dans son petit confort égoïste une fois terminées les journées de travail à la ville…

Dans cet « à une fois », il y avait certainement l’espoir de nous revoir très bientôt pour chasser sa solitude et apporter un peu d’occupation à ses interminables journées qui se ressemblaient de plus en plus par leur fadeur. C’était la routine quotidienne du lever, suivi de la toilette, puis du petit-déjeuner pris tout en lisant le journal qu’elle recouvrait de ses annotations et commentaires crayonnés avant de remplir la grille de mots croisés. Ensuite, selon la météo, sa journée prenait un sens différent.
Si le soleil était de la partie, elle pouvait sortir dans son grand jardin dont elle cultivait avec passion tous les légumes qui constituaient sa principale nourriture (elle était tout comme moi végétarienne, depuis près d’une cinquantaine d’années, par amour des animaux), ainsi que les fleurs innombrables (il lui était arrivé d’en recenser plus d’une centaine d’espèces florales dans le jardin au cours d’une année).
Que surviennent les fortes chaleurs d’été, et elle était malheureuse de devoir passer ses journées à l’ombre et la relative fraîcheur d’une maison aux volets clos : à ces moments-là elle ne pouvait travailler le jardin qu’aux premières heures de la matinée et procéder à l’heure quotidienne d’arrosage qu’en début de soirée… Comment occuper ses journées dans la pénombre durant la canicule, alors que sa vue avait tellement baissé à cause du diabète et de la dégénérescence maculaire liée à l’âge (D.M.L.A.) ? C’était souvent à l’aide d’une loupe (en plus de ses lunettes) qu’elle lisait durant les longues heures de la nuit où le sommeil ne venait pas. C’était aussi aux heures de la nuit qu’elle rédigeait parfois ses impressions et souvenirs, sur des cahiers que je relis à présent pour renouer avec elle comme un dialogue avec l’au-delà où se repose désormais son âme…
Si les étés trop chauds pour travailler au jardin lui apportaient quand même les joies de la floraison de tant de belles fleurs et la belle croissance des légumes qu’elle surveillait avec la passion de l’amateur éclairé, c’est surtout la venue des jours froids avec l’arrivée de l’automne qui teintait son moral de grisaille, avant la longue période qu’elle nommait sa « déprime d’hiver » qui s’étirait jusqu’au retour des beaux jours de printemps.

L’impression de se sentir inutile, oubliée de tous dans un monde où elle ne servait plus à rien et où elle n’avait plus sa place, combien de fois nous en a-t-elle parlé !
Il faut reconnaître que, principalement pour les plus jeunes générations, c’était parfois pénible de l’entendre exprimer tant de négatif sur son moral, sur sa vue qui déclinait et son diabète, sur son manque d’occupations intéressantes, sur les longues journées sans personne à qui parler…Il était souvent difficile de trouver les mots pour lui remonter le moral, lui apporter des sujets positifs sur lesquels fixer son attention. Elle se faisait aussi beaucoup de soucis pour sa descendance, sur le monde d’aujourd’hui où les petits-enfants et arrière-petits-enfants auront à affronter tant de difficultés (la crise, le chômage, les conflits, les catastrophes écologiques, l’éducation qui « n’est plus ce qu’elle était », etc.).
Et donc, elle avait de moins en moins de visites pour la distraire d’un quotidien très monotone et qui ne lui apportait pas grande motivation…

« A une fois », cela voulait-il dire « à une autre fois », « à la prochaine fois » ?
Ou même plutôt, était-ce un « à bientôt, j’espère » que sa pudeur ou sa fierté l’empêchaient de formuler, lorsque nous n’avions pas convenu d’un rendez-vous précis pour des courses ou une visite au médecin ?
Ou bien, cela voulait-il dire « adieu, si nous ne nous revoyons plus, au cas où je pourrais enfin m’endormir de mon dernier sommeil… » ? En effet, cela faisait plus d’une dizaine d’années (si j’y réfléchis, depuis le décès de mon père, puis sa propre santé déclinant quand même au fil des ans) qu’elle nous rappelait de plus en plus souvent qu’elle ne se sentait plus aucune raison de vivre, hormis son jardin… Elle espérait s’endormir simplement un soir et « partir » pendant son sommeil. Elle ne voulait surtout pas décliner lentement entre maison de retraite et hôpitaux, loin de ses habitudes et de son jardin, et elle nous avait bien précisé que nous devrions nous opposer à ce que sa vie soit prolongée médicalement s’il lui arrivait quelque chose.

Ce jeudi-là, vingt-sept juin, elle était heureuse d’avoir pu faire avec moi ses courses en Allemagne, à une trentaine de kilomètres de son domicile, au supermarché de discount où elle aimait retrouver certaines de ses denrées préférées (notamment les Kaffeesahne – petites canettes de crème pour le café dont elle faisait à chaque fois la provision pour les deux à trois mois qui espaçaient nos expéditions en Allemagne).
Sur la route, alors que je conduisais, elle me parlait de sa vue qui était en bonne voie d’amélioration après l’injection de lutéine qui lui avait été faite trois semaines auparavant : depuis trois jours elle pouvait à nouveau lire tous les petits caractères d’imprimerie de son journal sans loupe ni lunettes, et appréciait ce progrès survenant après plusieurs semaines de grosse déprime.
Elle racontait aussi, comme souvent, beaucoup de ses souvenirs de jeunesse et de sa vie qui avait été bien remplie et occupée par du bénévolat au sein de nombreuses associations avant les années de solitude.
A l’aller, malgré un petit crachin intermittent, on voyait en ligne d’horizon la Forêt Noire où elle avait guidé maintes excursions en montagne pour des associations de marcheurs et de personnes âgées. Au retour, le temps était redevenu radieux, et tout le massif vosgien qu’elle avait tant parcouru depuis son enfance nous offrait un magnifique panorama. Rétrospectivement, je me dis que ses belles montagnes la saluaient ainsi de leur beauté au cours de ses dernières heures ici-bas…
L’ayant aidée à monter ses achats chez elle, je l’ai ensuite quittée car, l’après-midi n’étant pas trop avancé, elle envisageait une petite sieste avant ses émissions télévisées de début de soirée. Nous avions convenu que je la conduirais la semaine suivante à la poste et à l’hypermarché, mais sans en préciser le jour vu qu’elle venait de faire ses provisions.
C’est ainsi que, rejoignant ma voiture, j’entendis son ultime «A une fois... ».

Le lendemain, c’est sa voisine qui la trouva, dans la salle de bains où elle avait été terrassée par une crise cardiaque, trois semaines après son quatre-vingt-sixième anniversaire…







Wednesday, October 18, 2017

Balance ton porc : deux expériences vécues par ma maman dans sa jeunesse



Aujourd'hui, les femmes sont de plus en plus nombreuses à dénoncer le harcèlement et les abus sexuels dont elles ont été victimes. Dans mon précédent article (Balance ton porc : Moi aussi je dénonce), j'ai parlé du patron qui avait eu un geste déplacé sur moi... Je n'en avais pas parlé à ma maman, et pourtant, elle m'aurait sans doute comprise, vu qu'elle avait aussi, dans sa jeunesse, eu à pâtir du comportement des hommes. Pour les futures générations, elle a rédigé alors qu'elle était déjà grand-mère ses mémoires dans des cahiers (à paraître dans quelques mois). De ses mémoires, voici deux extraits pour "balancer" aussi deux gars qui étaient déjà des hommes mûrs pendant la Seconde Guerre Mondiale :

(...) Ma mère, la quarantaine, commençait à se sentir vieillir (!) La montagne lui devint trop pénible. Ma sœur avait eu vingt-et-un ans, six jours avant l’arrivée des troupes allemandes. Est-ce elle qui me promenait ou moi qui la chaperonnais ? Nous fîmes à deux les excursions en montagne que nous faisions auparavant avec les parents. Lors d’une de ces sorties, fin de l’été quarante, nous fîmes, tout au sommet du Grand-Ballon, la connaissance d’un militaire en gris-bleu, costume de l’aviation et de la défense aérienne. Il parlait l’allemand avec un drôle d’accent. Il avait le profil des gens de la montagne, le nez crochu taillé dans le roc. Félix G. était Tyrolien. Je dois faire ici un petit cours d’histoire-géographie. Le Tyrol se situe en Autriche. L’Autriche fut annexée au Grossdeutsches Reich avant l’Alsace et ses hommes rejoignirent, avant les nôtres, les rangs de l’armée allemande, malgré eux, comme les nôtres que l’on nomme maintenant les Malgré-Nous. Félix nous en parla. Dans son beau pays, Wald am Arlberg, il était connu comme hostile à l’occupant. Ma sœur lui plut. Il plut à ma sœur (!) Il était plus âgé et divorcé. L’idylle dura quelque temps. Il descendait de temps en temps du Grand Ballon et nous rendait visite à Guebwiller. Je chaperonnais bravement et très discrètement leurs sorties. J’avais la bonne habitude de mettre toujours quelque distance entre les amoureux et moi. C’était parfaitement illogique de ma part après les x fois qu’elle m’avait joué des tours en mouchardant à ma mère mes menues sottises. Mais on naît ainsi, trop bon, trop…! Félix était considéré comme un éventuel futur beau-frère, ni le premier, ni le dernier ! Pourquoi donc, ai-je, un jour, dû l’accompagner jusqu’au chemin du Ballon ? Il connaissait pourtant parfaitement le trajet. J’avais treize ans et l’air godiche avec mon manteau feuille-morte trop petit, mes mi-bas feutrés et rétrécis et mon chaperon rouge tricoté, dont dépassaient mes éternelles nattes de gamine. Félix, le candidat beau-frère, sous-bois, seul avec le petit Chaperon Rouge, se sentit devenir Loup. L’homme mûr voulait tenter l’enfant. Félix voulait m’embrasser. J’ai refusé et laissé à ma sœur toutes ses illusions quant à l’amour et à la fidélité de l’élu de son cœur du moment. 

(...)

Je n’avais pas tout à fait quinze ans, quand j’ai commencé à travailler. Cependant je n’étais pas trop jeune pour ne pas risquer les assiduités d’un patron vicieux. Il avait une bonne cinquantaine et la bedaine qui y correspondait. En travers de son crâne chauve, il dorlotait une longue et fine mèche ondulée et gominée. Je réussissais – c’était un passe-temps comme un autre, sa caricature et sa signature. Frey et Hitler aussi étaient les modèles de mes caricatures. Monsieur H. me demandait souvent de venir chercher du courrier dans son bureau où il était toujours seul. (...) C’était une hantise ! Toujours et toujours il cherchait à me peloter. J’avais peur de lui et il me dégoûtait. Il m’est arrivé de lui taper sur ses pattes vicieuses. Aurais-je pu en parler à ma mère ? Elle ne m’aurait pas même crue. Cela n’aurait rien changé. J’aurais juste eu droit à une engueulade de plus.

(extrait des mémoires de Silvie Garayt-Klein - à paraître) 






voir aussi, sur ce blog, 
un poème que j'ai écrit en automne 2006 sur le même thème :





Sunday, April 05, 2015

Joyeuses Pâques !


Tiens, tiens, le Lièvre de Pâques est passé ce matin chez Mamouna ! 
Il a déposé autant de sachets de chocolats qu'il y a de petits-enfants dans la famille !
Joyeuses Pâques ♡ 

Monday, January 19, 2015

Home, sweet home


Der Mensch braut ein Plätzchen
- Und wär's noch so klein -
Vondem er kann sagen :
"Sieh ! Das ist mein.
Hier leb ich, hier lieb ich,
Hier ruh ich mich aus,

Hier ist meine Heimat,
Hier bin ich zu Haus"

traduction : 
L'humain a besoin d'une petite place,
- Et même si elle était tellement petite -
Dont il puisse dire :
Vois ! Ceci est à moi.
Ici je vis, ici j'aime,
Ici je me repose,
Ici c'est ma patrie (= mon chez-moi),
Ici je suis à la maison


On voit que notre chère petite Zoe connaît toute la signification de ce poème brodé par ma grand-mère ou ma tante sur ce napperon, vu qu'elle choisit de s'y installer, montrant qu'elle est bien chez elle 

Saturday, December 06, 2014

Saint Nicolas à Guebwiller (quelques extraits des souvenirs d'enfance de Clementia, à paraître)

Saint Nicolas à Guebwiller

Le cinq décembre au soir, veille de la Saint-Nicolas, est pour les enfants d’Alsace un moment particulier, attendu avec une impatience souvent mêlée de crainte, selon qu’ils aient été bien gentils ou désobéissants pendant l’année écoulée.
D’r Santi Kloïs[1] est le patron des écoliers, et à ce titre il vient leur rendre visite le soir qui précède sa fête sur le calendrier.

De nos jours, Santi Kloïs commence sa tournée par les écoles maternelles et primaires. Pour préparer sa venue, les enfants ont appris une chanson ou une récitation dont il est le héros et qu’ils chanteront ou diront en son honneur au moment de son passage. Souvent, les élèves préparent aussi chacun un bricolage, par exemple une petite corbeille à son effigie dans laquelle ils trouveront quelques sucreries, ou bien un petit Saint Nicolas de papier ou de feutrine qui pourra être accroché au sapin de Noël…
Lorsqu’il visite les écoles, le Saint Nicolas arrive généralement en calèche, ou plus rarement sur son âne. Enveloppé dans sa houppelande et coiffé de sa mitre, il tient à la main sa grande canne surmontée d’une crosse : n’oublions pas que de son vivant, ce saint était évêque de Myre… Alors qu’on devine un sourire sous sa barbe blanche, il écoute avec bienveillance les enfants qui récitent ou chantent un petit compliment, puis il félicite les bons élèves et distribue à tous chocolats, pains d’épices et clémentines. A part le conducteur de la calèche, personne ne vient généralement avec lui dans les écoles.
Mais le soir venu, pour sa visite dans les familles, il est accompagné d’un personnage beaucoup plus inquiétant : le Père Fouettard, qui en Alsace se nomme Hans Trapp

Dans mon enfance, Saint Nicolas n’avait pas encore l’habitude de venir rencontrer les élèves comme il le fait maintenant dans les écoles d’Alsace : nous trouvions simplement les pains d’épices, chocolats et clémentines sur nos pupitres au retour de la récréation, car ils avaient été distribués pendant les quelques minutes où nous jouions dans la cour. Récitations ou chansons étaient exécutées en chœur par toute la classe en son honneur : nous étions certains qu’il nous voyait et nous entendait de là où il était déjà reparti…
A la fin de la journée d’école, nous rentrions à la maison comme d’habitude, mais ce jour-là il était de tradition dans les familles alsaciennes d’attendre le passage du Santi Kloïs autour d’un goûter de fête : nous mangions des Mannala en dégustant un bon chocolat chaud. Pour cette occasion, ma tanteRig savait même le préparer « à l’ancienne » : si je me souviens bien de ses explications, elle faisait fondre toute une tablette de chocolat noir dans un pichet de lait bouillant additionné de sucre et d’un peu de cannelle, puis elle mélangeait cela énergiquement à la main avec le fouet métallique. Le chocolat chaud devenait alors bien mousseux. Ça sentait bon dans toute la maison et c’était un vrai régal.
Tout en dégustant cette collation, chacun tendait l’oreille pour essayer d’entendre à l’extérieur le tintement de la clochette qui annonçait l’arrivée du saint homme…
Subitement, la porte s’ouvrait avec brusquerie et surgissait avec fracas un personnage sombre que les enfants n’osaient pas trop regarder : muni d’un grand fouet de branchages, c’était Hans Trapp, le Père Fouettard dont tant de parents prédisaient la venue tout au long de l’année à ceux qui désobéissaient ! Hans Trapp était à la recherche des méchants enfants pour les emporter dans son grand sac qui semblait agité de soubresauts…
Enfin, quand les enfants les moins sages, qui n’avaient pas du tout la conscience tranquille, étaient à la limite de trembler de peur, la porte s’ouvrait à nouveau : c’était le Grand Saint Nicolas qui arrivait pour les sauver ! Le saint homme calmait son acolyte, tout en faisant promettre aux enfants désobéissants qu’ils seraient dorénavant sages comme des images, sinon l’an prochain il ne pourrait peut-être pas empêcher Hans Trapp d’enlever les petits sacripants à la douceur du nid familial.


Ensuite venait la distribution de douceurs, chocolats, pains d’épices et sucreries pour les bons élèves et les enfants sages. Mais les cancres et les vilains ne recevaient qu’un petit fouet décoré de quelques étoiles chocolatées en sucre et quelques morceaux de Baradrack - il paraît même que parfois ceux qui avaient été vraiment très méchants recevaient seulement de véritables morceaux de charbon, ainsi qu’un vrai fouet ou même un martinet aux menaçantes lanières de cuir… D’r Santi Kloïs donnait aussi des noix et des clémentines pour toute la famille.
Chaque enfant remerciait en interprétant un poème, une comptine ou une chanson. Souvent, la maman servait aussi au Santi Kloïs un café avec un petit verre de schnaps (ou un verre de vin chaud) et on n’oubliait pas de lui donner aussi une carotte et quelques morceaux de sucre pour son âne qui attendait dehors.
Après cela, Santi Kloïs et Hans Trapp continuaient leur tournée dans le soir tombant, après que les enfants aient promis une nouvelle fois d’être bien sages dorénavant.

Ce n’est pas pour me vanter, mais il faut reconnaître que je ne me souviens pas d’avoir reçu la visite du Père Fouettard. En effet, j’avais de bons résultats scolaires et Saint Nicolas, qui venait chez nous seul, me faisait juste promettre de faire des efforts pour être moins insolente, moins bavarde, et d’arriver désormais à l’heure à l’école…


[1] D’r Santi Kloïs : (alsacien)  le Saint-Nicolas


Wednesday, November 13, 2013

Grèves à cause des rythmes scolaires : mon coup de gueule du jour



Aujourd'hui les parents font grève contre les nouveaux rythmes scolaires. Quel bon exemple ils donnent à leurs enfants, que celui de la désobéissance et de la grogne dès que quelque chose ne leur convient pas ! Qu'ensuite, les parents ne s'étonnent plus si leurs enfants râlent et désobéissent à leur tour...

D
epuis la rentrée de septembre 2013, dans les villes de France où sont appliqués les nouveaux horaires, les chers petits bouts de choux seraient fatigués !

Or, de nos jours, dans la plupart des cas, ce n'est pas l'école qui fatigue les élèves, ni ses horaires quels qu'ils puissent être : c'est l'emploi du temps hors école et surtout l'usage intensif des consoles de jeux et autres écrans !!! Pour une bonne santé physique et psychique, un adulte devrait avoir huit heures de sommeil chaque nuit, pour un enfant ses besoins physiologiques sont même de dix heures par nuit... Voilà donc ce qu'il faut changer dans les habitudes des familles et des enfants.
N'oublions pas : de nos jours dans le monde, il y a énormément d'enfants qui ne bénéficient même pas du droit à l'école, du droit au savoir. Et en France, on ose se plaindre, on ose faire grève pour une question de commodité et de convenance des parents !
Quelle honte...


Et pour parler aussi de la scolarité d'un autre temps : au début du XXème siècle lorsque nos parents et grands-parents (et même arrière-grands-parents pour certains des lecteurs de mon blog) allaient en classe, ce n'était pas l'époque des horaires "à la carte", ni les grèves à cause des rythmes scolaires ! La scolarité s'arrêtait en général après le Certificat d'études (soit à peu près à l'âge de douze ans), et les enfants allaient travailler (et il n'était pas non plus question de semaine des 35 heures, de RTT, et autres avantages dont bénéficient aujourd'hui les travailleurs !).
Si seulement nos enfants et petits-enfants réfléchissaient aux conditions de vie des gens au début du siècle passé !
Un exemple précis pour illustrer mon propos (mais dans quasiment chaque famille de France c'était comme ça il y a environ quatre-vingt ans) :

Mon père, né en 1924, était très bon élève dans la petite école de son enfance entre Drôme et Ardèche (bien qu'il ait aussi souvent eu la responsabilité de garder les chèvres dans son village). Son instituteur l'aurait bien vu devenir enseignant à son tour. Malheureusement, mon père était l'avant-dernier enfant d'une famille très nombreuse... Après le certificat d'études (donc, je crois, à l'âge de douze ans) il fallait donc qu'il aille travailler comme ses frères aînés en tant que journalier chez des agriculteurs, puis très jeune à l'usine.
Ensuite vint le service militaire, puis la période de la guerre où il prit le maquis dans le Vercors et devint un résistant avant de faire partie de l'Armée de Libération qui vint délivrer l'Alsace. Puis il fut militaire de carrière (simple brigadier-chef, pour avoir changé d'arme : la Marine au début de la guerre, et l'Armée de Terre après-guerre).
Après seize années d'armée, devenu retraité de l'armée, il fit le Concours des Postes et devint facteur.
Si la vie ne lui a pas permis de devenir instituteur, il aimait cependant toujours beaucoup lire, et écrivait avec très très peu de fautes de français bien qu'ayant seulement obtenu le Certificat d'Etudes. Il était très calé en Histoire et en Géographie et cherchait souvent à m'apprendre tout ce qu'il savait. toute sa vie, il a aimé lire et s'instruire, encore et toujours. Il achetait beaucoup de livres et d'encyclopédies, car il voulait que ses descendants travaillent bien en classe pour arriver à avoir une situation meilleurs que celle qui fut la sienne.

Lorsque adolescente j'ai eu mon premier magnétophone à cassettes et que je lui ai proposé de l'enregistrer, il a tenu à enregistrer pour la postérité un texte qui lui restait en souvenir de sa scolarité : la fable du Laboureur et ses enfants, de Jean de La Fontaine, que je reproduis ci-dessous en mettant en gras ce que mon père a certainement voulu nous laisser comme "héritage spirituel" :

Le Laboureur et ses Enfants

Travaillez, prenez de la peine :
C'est le fonds qui manque le moins.

Un riche laboureur, sentant sa mort prochaine,
Fit venir ses enfants, leur parla sans témoins.
Gardez-vous, leur dit-il, de vendre l'héritage
Que nous ont laissé nos parents.
Un trésor est caché dedans.
Je n'en sais point l'endroit, mais un peu de courage
Vous le fera trouver, vous en viendrez à bout.
Remuez votre champ dès qu'on aura fait l'août.
Creusez, fouillez, bêchez, ne laissez nulle place
Où la main ne passe et repasse.
Le père mort, les fils vous retournent le champ
De ci, de là, partout ; si bien qu'au bout de l'an
Il en rapporta davantage.
D'argent, point de caché. Mais le père fut sage
De leur montrer avant sa mort
Que le travail est un trésor.

Friday, October 25, 2013

Amour filial ou hypocrisie ? Mon coup de gueule du jour


Je voudrais vous parler aujourd'hui de mon ressenti au sujet d'une image (parmi tant d'autres) qui se "partage" en ce moment sur beaucoup de "murs" de Facebook 
"Partage (cette image) si tu aimes ta mère"
Ouais, le genre de photo qui m'énerve un peu, dans ce moderne monde des égoïstes apparences narcissiques, qui est tellement bien caricaturé par tout ce qu'on peut voir sur Facebook !
Le genre de photo qui devrait seulement être partagée par celles et ceux qui se soucient réellement de leurs parents (ou s'en sont vraiment souciés de leur vivant)...
Au lieu de le "dire" et de l'afficher", il est plus important de le "vivre" et de le "faire" en vrai ... Au lieu de "faire semblant" : il faut être vrai dans son amour...
Voilà, c'était mon coup de gueule du jour, alors que, dans trois jours, cela fera quatre mois que ma maman est décédée...


Saturday, August 17, 2013

En mémoire de mes parents...

Mariage de mes parents - octobre 1955


Cela fait 7 semaines déjà que ma maman est partie à son tour rejoindre les anges qui veillent sur nous et pourtant cela me semble toujours aussi irréel.

A chaque fois que le téléphone sonne, il y a un moment de flottement avant que je me rende compte que cela ne peut pas être elle qui appelle. 
Souvent, aussi, il y a des choses dont je voudrais lui parler, et puis je me rends compte que je ne pourrai pas car elle n'est plus là...

Alors que je suis dans cet état d'esprit, le monde continue de tourner (tant bien que mal, et plutôt mal que bien), et il faudrait même penser à faire la fête ('Show must go on !') - ce n'est vraiment pas facile... 

J'aurais besoin de pouvoir me ressourcer : c'est un peu comme si ma vie actuelle était une sorte de puzzle aux pièces éparses que je dois d'abord rassembler pour continuer d'avancer... 

Il faudrait que je reste forte pour les autres ? Mais les autres, m'aident-ils dans ces moments difficiles ?...


in memoriam Silvie Garayt, née Klein (7 juin 1927 - 28 juin 2013) et Aimé Garayt (3 juillet 1924 - 23 juillet 1999)   

Monday, March 04, 2013

Quand mes souvenirs d'enfance se mettent au goût du jour !

Sur ce blog, j'avais posté des photos des fêtes de Pâques de mon enfance. et l'une de ces photos a inspiré mon ami Djedge LeFaydit : il l'a transformée en une moderne course aux oeufs placée sous le signe des célèbres Lapins Crétins !

Tout d'abord, pour voir l'original de la photo, cliquez ici

Et voici maintenant la nouvelle photo, où mon père et ma tante (qui ne sont plus de ce monde depuis quelques années déjà) peuvent faire connaissance avec un Lapin crétin : un touchant anachronisme !
Merci encore à toi, Djedge, pour avoir mis ta talentueuse imagination au service de cette "photo détournée".


Wednesday, February 27, 2013

Mon journal - Bienvenue Elena !



Bienvenue à Elena, la douzième de mes petits-enfants, née au début de cette semaine.
A quelques jours de la fête des grand-mères, je peux dire que je suis une Mamouna* heureuse et comblée.


*Mamouna est le petit nom que l'aînée de mes petits-enfants m'a donné

Tuesday, February 01, 2011

Scandaleux : comment rater l'éducation d'un enfant en lui faisant porter un vêtement humiliant



La semaine passée, alors que je musardais au rayon "vêtements enfant"du supermarché où je vais le plus souvent faire mes courses, j'ai été particulièrement choquée par un sweat-shirt qui fait partie d'une nouvelle collection de vêtements pour enfants décorée de personnages de la série"Les Bonshommes et les Dames".
En effet, si plusieurs autres vêtements de la gamme représentent des personnages qui me semblent plus anodins, tel Monsieur Costaud dont l'aspect carré donne une impression d'heureuse stabilité, ou même Monsieur Malchance dont le bandage autour de la tête ne cache pas son sourire, il n'en est pas de même pour ce pauvre Monsieur Mal Elevé qui en plus d'un air renfrogné sous ses oreilles cachées par des écouteurs le renfermant dans sa solitude porte en commentaire "Je n'écoute pas"... 
(voir photo du haut)
 
Si ce pauvre Monsieur Mal Elevé vous fait sourire, je peux vous assurer qu'il n'en est pas de même pour moi. En effet, je trouve ce sweat-shirt encore plus humiliant et anti-éducatif que tous les bonnets d'ânes dont on affublait les mauvais élèves au temps de nos grands-parents (ou même de nos arrière grands-parents, maintenant...). J'imagine déjà les moqueries des camarades d'école (du moins, les camarades d'école qui savent lire...), ou plus grave encore les remarques du personnel enseignant qui croiraient spirituel de relever que la phrase du sweat-shirt dit la vérité pour l'enfant qui le porte... 
L'humiliation a-t-elle une valeur éducative ? Selon moi il n'en est rien, je pense même que c'est tout le contraire : si on ne fait pas l'effort de comprendre l'enfant et si on ne cherche pas à connaître les vraies raisons qui l'empêchent de suivre les règles de vie en société et d'adopter le comportement d'un "bon" élève qui s'applique dans son travail afin de progresser, si on l'humilie plutôt que de l'aider de manière positive et constructif en le félicitant lorsqu'il fait des efforts aussi minimes soient-ils, l'enfant (l'adulte ensuite) s'empêtrera dans ce rôle de cancre ou d'élément perturbateur qu'on lui attribue, et il sera pour lui de plus en plus difficile de se débarrasser de cette étiquette négative que les adultes lui auront collée dessus.
 
Ce sweat-shirt me rappelle aussi un autre vêtement du même genre, qu'une grand-mère avait offert à un petit-enfant de mon entourage il y a de cela un peu moins d'une trentaine d'années. Ce petit garçon qui avait du mal à apprendre ses tables de multiplications avait reçu un tee-shirt sur lequel des personnages de la bande dessinée Charlie Brown se faisaient face, l'un des personnages apostrophant un autre avec une bulle dans laquelle était écrit "Incapable !"
(voir photo du bas)
 
Etait-ce une façon de donner toutes ses chances dans la vie, à ce petit garçon, que de coller sur lui cette étiquette tellement humiliante ? N'aurait-il pas plutôt fallu l'encourager, par exemple en le complimentant pour se dessins pleins de créativité et d'application, ainsi l'enfant aurait sans doute retrouvé sa confiance en lui et dans les adultes, ce qui l'aurait motivé pour apprendre avec un peu plus d'entrain les matières qui lui semblaient plus rébarbatives, comme les tables de multiplications et autres subtilités mathématiques...

S'il vous plaît : n'achetez pas pour un enfant de vêtement qui pourrait le ridiculiser, ou qui en raison d'une phrase négative influencerait son comportement et par là même son avenir.


Sunday, March 30, 2008

Pâques 2008 en famille : des photos



Quand Clara et Eléonore vont à la chasse aux oeufs de Pâques. Il avait neigé en début de matinée, mais (heureusement) la neige n'était pas restée.










Eléonore découvre l'harmonica, pendant que Clara réfléchit avant de faire ses premiers pas...



Les trois cousines
















Saturday, January 12, 2008

Mon journal - Crèche et sapin de Noël 2007 sont rangés maintenant




Cette année, le sapin de Noël était particulièrement petit chez nous. Mais je le trouvais vraiment joli : synthétique, environ 35 cm de haut, il se présentait sous forme d'un petit sapin dans un petit panier, déjà décoré dans une harmonie d'ornements blancs. Je lui avais juste ajouté une guirlande lumineuse non-clignotante et, au sommet, la pointe d'un blanc irisé et mesurant environ les 3/4 de la dimension du sapin...



Sur la télévision, il y avait un autre petit sapin synthétique dans les mêmes dimensions, déjà décoré lui aussi avec des ornements rouge et or...

Sur les vitres, aux anges qui font toute l'année partie de mon décor quotidien, j'avais ajouté quelques images auto-statiques et mon Père-Noël que j'avais fait il y a quelques années en Window-Colours.



J'avais installé ma crèche et tous les santons de ma collection qui s'est agrandie depuis plus de trente ans, au fil des Noëls successifs.



(sur les photos, vous remarquerez peut-être sur la gauche un petit Bouddha que j'ai rajouté cette année, car le solstice d'hiver est aussi l'époque où certaines traditions prétendent que Bouddha serait né, de même que de nombreux autres avatars et messagers de lumière de nombreuses traditions spirituelles au fil des siècles et des millénaires de l'histoire de l'humanité - si Noël est l'anniversaire de Jésus, je pense qu'on peut aussi penser aux nombreux messagers de lumière à ce moment-là)



Une étoile clignotante sur la vitre, au-dessus du sapin et de la crèche complétait le décor.



Voilà donc. Comme aujourd'hui j'ai rangé cette déco de Noël qui n'a été vue, en tout et pour tout, que par sept personnes cette année, je vous en publie toute une série de photos afin qu'elle soit quand même vue par un peu plus de monde.



A en croire certains esprits chagrins, il paraîtrait que, plus l'on vieillit et moins de gens viennent vous voir à Noël... Je ne sais pas si je dois abonder dans ce sens, mais il est vrai que ces dernières années nous allons plutôt en visite chez les plus jeunes au moment des fêtes, et passons le soir de Noël plutôt solitaires...


Friday, December 28, 2007

Mon journal - Un Noël givré



La neige n'était pas au rendez-vous, dans la plaine, cette année pour Noël... Et ce n'est pas moi qui m'en plaindrai, car je n'aime pas du tout du tout quand il faut s'envelopper de pulls, écharpes, vestes et manteaux très chauds pour sortir le bout du nez, on ressemble ensuite à d'énormes peluches, lol. Et j'aime encore moins quand la route est dangereuse à cause des conditions météorologiques...



S'il n'y avait pas de neige, le givre a couvert de magie la végétation. Voilà des photos prises dans le jardin de Mamy lorsque nous sommes allés chez elle le jour de Noël.  

Friday, December 07, 2007

Tuesday, November 06, 2007

Mon journal - Bon anniversaire Matthieu !




Eh oui, aujourd'hui tu as un an de plus... Tous nos voeux : que cette nouvelle année qui s'offre à toi t'apporte tout ce que tu peux désirer de meilleur.
Gros bisous de toute la famille. 

Friday, October 05, 2007

Mama Corsica : un clin d'oeil en souvenir d'il y a quelques années




Voici une chanson que j'aime beaucoup. Mama Corsica, c'est la chanson que me chantait mon fils Jeff il y a quelques années.
"Au nom de l'amour ce soir c'est toi la terre d'amitié"... Aujourd'hui, c'est à l'aînée de mes filles que je chante cette chanson avec Patrick Fiori, car elle est devenue à son tour une maman dont le coeur est très aimant, sa maison et son coeur apportent à toute la grande famille (soeurs, frères, belles-soeurs, beaux-frères, cousins, cousines, et aussi aux "ancêtres", dont je fais partie, lol) la douceur d'une maman.
Merci Rosie, d'être comme tu es, ne change pas, tu es parfaite, comme j'ai toujours rêvé d'être moi-même... 
(je sais, nous ne sommes pas Corses, mais l'amour d'une maman n'a pas de région ni de nationalité, une maman est toujours aimante et accueillante) 




Mama Corsica
Paroles: François Valery   1987

Elle a toujours un peu de vin
Quelques fruits un peu de pain
Pour les amis qui ont faim
Mama Corsica
Elle a le cœur grand comme le ciel
Elle est sincère comme elle est belle
Mama Corsica
Elle est comme ces vielles dames en noir
Qui portent en elle leur histoire
Mama Corsica
Il paraît même que le Bon Dieu
Il en était fou amoureux
En la dessinant de ses doigts

Mama Corsica
Stasera cantenu in corsu per te
Mama Corsica
Au nom de l'amour et au nom de l'amitié
Mama Corsica
U mondu n'a occhi sta sera che per te
Mama Corsica
Comme si le monde chantait en corse pour te saluer

Elle prie toujours pour ses garçons
Quand ils sont loin de la maison
Mama Corsica
Elle sourit quand on pense à elle
Elle aime bien qu'on lui soit fidèle
Mama Corsica
N'allez pas croire tout ce que l'on dit
Au fond c'est elle qui nous unit
Mama Corsica
Tant mieux qu'il y ait des différences
Elle ne fait pas de préférence
Tous ses enfants ont le sang corse

Mama Corsica
Sta sera cantemu in corsu per te
Mama Corsica
Au nom de l'amour et au nom de l'amitié
Mama Corsica
U Mondu n'a occhi sta sera che per te
Mama Corsica
Comme si le monde chantait en corse pour te saluer
Mama Corsica
Mama Corsica